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To be, or not to be ?

Par rodmann, dimanche 22 décembre 2013.

L’apparition du genre dans les programmes de l’Éducation Nationale a fait réagir des parlementaires comme Christian Jacob, qui « a proposé une mission d’information parlementaire sur les programmes dans les manuels scolaires » selon E-illico [1].

La polémique politique fait surgir des questions comme celle que Paris Normandie [2] se pose le 20 mai 2012 : « Naît-on homosexuel ou le devient-on ? ». D’après l’entretien d’un endocrinologue belge, « les préférences sexuelles seraient également influencées par une hypersécrétion embryonnaire chez la mère », et puis l’article dérive sur l’église et la « disposition génétique pour la délinquance ».

Alors c’est quoi l’homosexualité, une maladie ?

« Homosexualité innée ou acquise ? » demandait Le Monde [3] en 2010, dans un article intéressant sur des études de l’université de Liège. « Selon ces études, les homosexuels auraient été exposés durant leur vie embryonnaire à des concentrations atypiques d’hormones, trop d’androgènes pour la femme et pas assez pour l’homme ».
Sauf qu’en 2011, Atlantico [4] nous dit que « Contrairement aux hommes, l’homosexualité féminine s’expliquerait davantage par des facteurs sociaux que génétiques ». Alors accrochez-vous, « Les femmes hétérosexuelles sont beaucoup plus susceptibles de tomber enceintes que les femmes lesbiennes. Donc, en terme d’évolution, elles ont davantage de chances de transmettre leurs gènes. Elle estime par conséquent que les gènes qui rendent les femmes homos devraient se volatiliser du patrimoine génétique ». Avec un tel raisonnement, elle en vient à poser elle-même la question qui découle de ce raisonnement, « pourquoi existe-t-il des femmes homosexuelles ? ». Pour y répondre, il faut de nouveau faire appel à la génétique : « le lesbianisme est génétique à 25% ». Plus fort encore, « les facteurs génétiques qui favorisent l’homosexualité masculine favoriseraient aussi la fécondité des parentes d’hommes gays ». Alors en fait, pour l’instant il n’existe aucune explication scientifique valable.

« L’homosexualité n’est pas une maladie », clame Arc-en-Ciel Toulouse dans Yagg [5], contre les thérapies de conversion vendues par Torrents de vie par exemple, une secte chrétienne dénoncée par des associations LGBT [6], et qui a fait l’objet d’une pétition [7] contre des stages « pour apprendre à trouver le chemin d’une "saine hétérosexualité" [8] ». « Les évangélistes de Torrent d’espoir devaient organiser ce week-end "un programme de guérison et d’accompagnement" » reprend Le Parisien [9]. Leur pasteur dit : « J’ai connu des gens, ils ne savaient pas à quel saint se vouer, poursuit-il, ils ne savaient pas vers qui se tourner. Ces personnes ont pu entrer dans l’identité qui correspondait à leur corps. Et ils ont finalement pu se marier et avoir des enfants ». Slate [10] nous rappelle qu’« il existe depuis aussi longtemps des soi-disant méthodes pour "guérir" certaines personnes de leurs "envies anormales" », comme par exemple l’électrocution, la prostitution, l’hypnose, l’intervention chirurgicale…
Aux Pays-Bas, une institution psychiatrique a même osé demander que ce genre de traitement soit remboursé par l’assurance santé selon l’Express [11].

Comment encore croire à des thérapies ? A cause de témoignages publiés dans La Vie [12] par exemple, de gens un peu paumés dans leur identité (à l’étape 1 [13] probablement), et à qui aucune réponse claire n’est donnée sur le fait que non, on ne peut pas « sortir » de son homosexualité. Certes, la construction identitaire change, la construction de la virilité change selon Slate [14] « Mais ce n’est pas évident d’assumer certaines émotions, ou de voir un film homosexuel, pour un garçon. On s’interroge en permanence sur sa virilité ».

Fort heureusement, les « Thérapies contre l’homosexualité bientôt interdites en Californie » nous informe 20 minutes [15], car bien d’autres témoignages comme l’article de Gabriel Arana dans Rue 89 [16], « Nicolosi a eu une ultime conversation avec mes parents et leur a dit que le traitement avait été un succès : « Votre fils ne vivra jamais comme un homo », leur a-t-il assuré. Quelques semaines plus tard, notre femme de ménage m’a surpris avec un garçon dans le jardin ».

Et même si « Faire son coming out, ça peut aider au boulot » selon Ouest-France [17], en tout cas chez Ernst and Young, il est évident que « Cacher sa sexualité, est source de stress ».

Dans Témoignage chrétien [18], « L’Église a pris position sur le genre en 1995, à la suite de la Conférence de Pékin organisée par l’ONU, survenue après une décennie du droit des femmes que le Vatican a suivie à travers les autres rencontres de l’ONU et de son agence qui s’occupe de l’égalité homme- femme. Cette année-là, les mouvements féministes américains ont convaincu les fonctionnaires de l’ONU et l’assemblée d’introduire le mot genre (gender en anglais) dans les documents officiels.
Le Saint-Siège a alors réagi en expliquant qu’à ses yeux, on cherchait à changer la réalité biologique en utilisant ce mot et que l’on voulait entraîner la reconnaissance des états alternatifs de vie, comme l’homosexualité. Depuis, régulièrement, Rome publie des prises de position contre ce qu’elle appelle « la théorie du genre » notamment lors de discours papaux
 ». Pour les catholiques le genre est contraire à l’ordre naturel des choses que leur dieu aurait créé.

Pourtant, dans des pays où l’influence catholique est très forte, comme en Argentine, il devient légal de pouvoir choisir son genre comme l’explique Le Monde [19]. Ainsi, tout citoyen argentin peut « changer d’état civil selon leur bon vouloir, sans nécessiter l’accord d’un médecin ou d’un juge. L’identité de genre ne dépend plus que du "vécu intérieur et individuel du genre, tel que la personne le perçoit elle-même" ».

Même si certaines personnes pensent encore que l’homosexualité est un choix [20], des signes montrent que l’homosexualité est de moins en moins considérée comme une anomalie, comme l’explique Le Figaro [21] relate Yagg [22] nous annonçant que Larousse change la définition du mot homosexualité précédemment décrite comme une « déviation du désir ».


A quoi, pourquoi reconnait-on un(e) homosexuel(le) ?

E-illico [23] nous apprend qu’une « étude débile », « qui révèle finalement une certaine homophobie sous-jacente », « menée par des psychologues de l’Ohio State University établit qu’un auditeur peut déterminer l’orientation sexuelle des hommes - dans les 3/4 des cas - par leur façon de prononcer les voyelles ».

Au Liban, « le pays du Moyen-Orient le plus libéral sur la question des mœurs », les homos sont soumis aux « examens de la honte » rapporte Le Monde [24], « Pour déterminer leur orientation sexuelle, les jeunes gens sont auscultés par des médecins qui - de leurs propres aveux - sont pourtant bien incapables de déterminer leur homosexualité par seul examen anal ». Des personnes ont crié au « viol médico-légal » rapportent 7sur7  [25] ou La Montagne [26] concernant les test anaux ou vaginaux.

D’autres cherchent les réactions de stimuli dans les pupilles selon la RTBF [27], MaxiSciences [28], Masculin [29] ou Swissnews [30].

En Malaisie, c’est Mohd Puad Zarkashi, ministre de l’Education, qui a organisé un séminaire pour prévenir les parents des premiers symptômes d’homosexualité chez leurs enfants. Un guide parental basé sur des affirmation comme « Le port de teeshirt en col V et d’habits serrés et peu colorés », l’utilisation d’un « gros sac, semblable à ceux portés par les femmes » ou un « physique fin » font partie des clichés véhiculés, rapporte Direct Matin  [31], 360 [32] ou l’Humanité [33].

Le plus simple serait de remplir un questionnaire comme le propose Psycho Media [34], parce que loin des clichés, « Des homos ceintures noires de karaté, des athlètes qui font leur coming-out, des « vrais mecs » qui gueulent aux matches de foot sous une bannière arc-en-ciel. Tout ce petit monde défile aux Gay Pride de 2012. Fiers d’être homos, mais aussi, voire plus fiers encore qu’on ne les voie plus comme des folles tordues. Les gays d’aujourd’hui sont sûrs de pisser aussi loin que leurs semblables hétéros. Ou s’ils ne le sont pas, ils tentent de s’en persuader. En termes moins triviaux, on se sent enfin conformes à ce qu’on attend de nous en tant que mâles ».

L’égalité seraient donc dans une uniformisation de l’identité des hommes sur le modèle du « vrai mec » ? Et pourquoi ne pas s’affranchir des modèles ?


l’obsession de connaître les origines de l’homosexualité, cache-t-elle la tentation d’y mettre fin, ou de mieux l’intégrer ?


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Notes et bibliographie :



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