Le contexte
L’année Queer s’annonçait déjà très politique aux USA, Têtu [1] expliquait qu’« aux Etats-Unis, soixante grandes compagnies soutiennent l’Equality Act, projet de loi pour la protection des droits LGBT dans le monde du travail », par exemple Google, Apple, Coca-Cola, Facebook… Cette loi « L’Equality Act, présenté l’année dernière au Congrès par les démocrates, propose donc d’apporter une protection aux employés LGBT en rendant illégales les discriminations dont ils sont victimes », notamment les licenciements discriminatoires. Cette loi fédérale est importante à passer au Congrès, au moment où « d’après Human Rights Campaign, le plus puissant lobby LGBT du pays, ce ne sont pas moins de 200 projets de loi orientées contre les LGBT qui ont été recensés dans diverses séances législatives d’État à travers le pays pour la seule année 2016 " » rapporte Monsieur Mondialisation [2].
Courrier International [3] a d’ailleurs lu le Washington Post [4] qui relate cet exemple : « Les commerces de l’Etat du Mississippi pourront désormais refuser de servir des couples homosexuels. Mardi 5 avril, le gouverneur de l’Etat américain, Phil Bryant, a promulgué cette loi déjà très décriée dans un but de protection des “libertés religieuses et des convictions sincères” ».
20 Minutes [5] ajoute qu’« Une douzaine d’Etats, majoritairement dirigés par un gouverneur républicain, poursuivent ainsi en justice le gouvernement de Barack Obama sur la question de savoir quelles toilettes doivent utiliser les personnes transgenres » [6] « Des responsables conservateurs ont martelé ces derniers mois que les directives gouvernementales contre la discrimination des personnes transgenres reviendraient à "introduire des hommes dans les toilettes des filles" ».
L’attentat
C’est sur ce fond politique tourmenté que le Figaro [7] titre « le terrorisme islamiste frappe les États-Unis », et pour cause, le 11 juin 2016, « Armé d’un fusil d’assaut de type AR-15 et bardé d’explosifs, Omar Mateen, 29 ans, pénètre dans le Pulse, un club gay d’Orlando, en Floride. Il y fera 50 victimes, l’attentat le plus meurtrier des États-Unis depuis le 11 septembre 2001. L’État islamique a revendiqué la tuerie ». Aux morts s’ajoutent 53 blessés. Le quotidien décrit l’événement avec précision, puis s’intéresse au meurtrier « Omar Mateen, un agent de sécurité privé de 29 ans, se trouvait "sur les écrans radars" des forces de sécurité pour avoir tenu des propos favorables à Daech. Seddique Mateen, le père du tueur, joint au téléphone par NBC News, confesse être sous le choc, comme le reste du pays et livre une esquisse d’explication : son fils n’aurait "pas agi au nom de la religion", mais par homophobie. Quelques mois plus tôt, la vue de deux hommes qui s’embrassaient devant les yeux de sa femme et son enfant dans le centre-ville de Miami l’aurait beaucoup "énervé". Marié une première fois de 2009 à 2011, il frappait sa compagne pour le moindre prétexte. Le père de Mateen, quant à lui, affabule visiblement : lui-même animait une émission télévisée en langue dari, revendiquant la présidence afghane et louant ses "frères guerriers" talibans pour leurs faits d’armes ».
Les premières réactions
Pour RTL [8], « En réagissant dimanche à cette tragédie, nombre d’élus républicains ont semblé écarter à dessein la piste de la haine contre les homosexuels, pour privilégier au contraire celle de l’attentat jihadiste. Sans doute craignaient-ils de se voir accuser d’avoir contribué à un climat délétère anti-homosexuel, ayant favorisé le passage à l’acte d’un déséquilibré ». Boys [9] annonce que le FBI ouvre « une enquête pour "acte de terrorisme" ».
M6 [10] essaye de faire le lien entre le terroriste, qui est mort, « Peu après 5h du matin il est déclaré mort après un long échange de tirs avec les forces d’intervention qui tentaient de libérer des otages. Plus de 30 personnes sont sorties saines et sauves de la boîte de nuit grâce à l’intervention de l’unité d’élite, le SWAT », et l’État islamique, en absence de lien pour l’instant entre les deux, bien que « L’agence de presse de l’Etat islamique, Amak, a annoncé que le groupe fondamentaliste sunnite était responsable de la tuerie ».
De son côté 20 Minutes [11] fait le tour des Unes de la presse. Le Daily News de New York titre contre la très puissante NRA (National Rifle Association) « A cause de votre opposition à l’interdiction des fusils d’assaut, des terroristes comme ce cinglé peuvent légalement se procurer une machine à tuer et perpétrer la pire tuerie de masse de l’histoire des Etats-Unis ».
Et alors que « Le FBI affirme que le tireur d’Orlando avait fait allégeance à Daesh avant l’attaque », des manifestations de soutien aux victimes s’organisent à San Francisco, New York, Paris notamment. #PrayForOrlando.
Rapidement, Donald Trump le candidat à la primaire Républicaine, s’exprime sur Twitter « J’apprécie les félicitations pour avoir eu raison sur la menace islamiste radicale. Mais je ne veux pas de félicitations, je veux de la vigilance et de la fermeté. Nous devons être intelligents ». La réponse d’Obama ne fait pas attendre « C’est la fusillade la plus meurtrière de l’histoire américaine, a déclaré Barack Obama. Ce massacre est donc un rappel supplémentaire : il montre à quel point il est facile dans une école, une église, un cinéma ou une boîte de nuit de tuer les citoyens. Il faut savoir si on veut vraiment être ce genre de pays ».
Christophe Martet pour Yagg [12] retient aussi d’Obama ces propos « C’est un jour particulièrement déchirant pour nos concitoye.n.ne.s lesbiennes, gays, bisexuel.le.s et trans. Le tireur a ciblé un club dans lequel les gens seréunissaient avec leurs ami.e.s , pour danser, chanter et vivre. Le lieu de l’attaque est plus qu’un night-club, c’est un lieu de solidarité et d’empowerment où les gens se réunissent pour sensibiliser et pour faire valoir leurs droits civiques ».
Le Monde [13], Metronews [14], le Parisien [15] et RTL [16] résument l’histoire, le journal de 20h de France 2 aussi :
Deux jours plus tard, LCI [17] informe que l’attentat au Pulse était « la deuxième fois en trois jours que la ville d’Orlando est le théâtre d’une fusillade ». Le Point [18] fait une description qui rappelle l’attentat au Bataclan.
France 2 consacre 13 minutes de son 20h à l’attentat, avec Jacques Cardoze envoyé spécial en Floride et Valérie Astruc à Washington. Extrait du JT :
Attentat homophobe
Florian Bardou alerte dans Slate [19] : « La timidité des réactions pour qualifier le massacre homophobe du Pulse, en France comme aux Etats-Unis, démontre que les politiques et certains journalistes sous- estiment plus ou moins inconsciemment la violence structurelle envers la communauté LGBT ».
Dans le Huffington Post [20], Stéphane Sylvain sursaute « On pense souvent que les LGBT l’ont facile aujourd’hui. En fait, j’espérais que mes neveux et les enfants de mes proches n’auraient pas à vivre de discrimination ou de haine basées sur l’orientation sexuelle. Je pensais que notre société était en train de devenir " alliée " des LGBT (…) Peu de gens le savent, mais les personnes LGBT sont souvent affligées par diverses formes de maladies mentales, par la toxicomanie, par la solitude, par la peur de vieillir seul(e), etc. Le fait d’avoir vécu de l’ostracisation de 6 à 17 ans n’aide pas à s’épanouir quand on est jeune. Manque de modèles positifs ; hétérosexisme ; railleries à l’école, crachats, gommes et insultes sur le casier ; peur de perdre son emploi dans certains cas ; (…) la vie nous rappelle que la haine existe encore ? 103 personnes qui s’amusaient, qui tentaient peut-être d’oublier, qui se donnaient le droit de vivre en toute liberté ».
C’est iTélé qui donne la parole à Flora Bolter, co-présidente du Centre LGBT de Paris IdF, « si nous sommes ici ce soir aussi, c’est que nous dépassons une forme de peur, l’information est passée très vite, sur les réseaux sociaux, par téléphone, qu’il fallait venir ce soir exprimer notre soutien, pour honorer les morts aussi et marquer notre deuil (…) en France nous ne sommes pas sur les mêmes interrogations bien-sûr, nous avons des soucis de sécurité, nous les assumons et nous partageons nos interrogations avec les forces de l’ordre ».
Libération [21] relais aussi « la communauté LGBT française "abasourdie" et "en colère" », et choisit cette photo de l’agence Reuters, qui a fait le tour du monde :
Libération [22] l’a aussi choisie pour illustrer un article qui publie les chiffres incroyables récoltés par Mass Shooting Tracker [23] montrant que l’attentat à Orlando « Il s’agit aussi de la 173e fusillade de l’année - en 163 jours - aux Etats-Unis », c’est-à-dire d’au moins 3 victimes, les chiffres sont effarants :
Le retentissement médiatique est très intense, quelques autres références : Courrier International [24], Mediapart [25], TDG [26], E-llico [27], L’Indépendant [28].
Les réactions politiques
Tvanouvelles [29] insiste sur l’environnement Républicain dont la « tactique inspirée de la guérilla qu’ils mènent aussi contre l’avortement : mettant en avant des grands principes de liberté religieuse, ils ont tenté d’ouvrir de nouvelles brèches en adoptant des législations locales. Cette stratégie s’est récemment cristallisée autour des personnes transgenres, qui représentent une infime partie de la population américaine, mais sont solidement associées au milieu homosexuel par le terme inclusif de LGBT (lesbiennes, gais, bisexuels et trans). Une douzaine d’États, majoritairement dirigés par un gouverneur républicain, poursuivent ainsi en justice le gouvernement de Barack Obama sur la question de savoir quelles toilettes doivent utiliser les personnes transgenres ».
Les réactions des élus sont aussi au programme de l’article, notamment ce genre d’ignoble provocation « Le gouverneur-adjoint du Texas, Dan Patrick, fer de lance de la lutte contre les droits des LGBT, a lui tweeté dimanche le psaume de la Bible suivant : "On ne se moque pas de Dieu. Ce qu’un homme aura semé, il le moissonnera aussi" ». Dans une certaine lignée avec l’État islamique donc, car « L’EI a établi en décembre 2014 son code pénal en s’inspirant des punitions de la sharia telles qu’elles étaient conçues au VIème siècle. Dans ce code, l’homosexualité est condamnée par la peine capitale que ce soit " pour la personne commettant l‘acte et pour celle qui la reçoit " (…) l’organisation djihadiste s’inspire aussi d’un courant plus profond de l’islam qui considère que le monde occidental est fondamentalement pervers et décadent. En février 2015, dans son magazine online Dabiq, l’organisation accusait " la révolution sexuelle " à l’Ouest de l’avoir plongé dans " une spirale de déviance sexuelle et d’immoralité " ».
Et puis Le Monde [30] met l’accent sur Le Pulse, « L’établissement a été fondé en 2004 des suites d’un drame familial : sa cofondatrice et copropriétaire, Barbara Poma, issue d’une famille italo-américaine, raconte avoir perdu son frère John en 1991, emporté par le sida. Il s’agit alors pour Mme Poma de rendre hommage à un être cher prématurément disparu tout en « réveillant les consciences » sur la cause des personnes LGBTI et la prévention du VIH. Pulse fait partie d’un réseau communautaire dynamique en Floride, faisant notamment la promotion des prochains Gay Games qui doivent se tenir à Paris en août 2018, une manifestation sportive mondiale à laquelle la ville d’Orlando était candidate ». Le même information est diffusée par TV5 [31].
Atlantico [32] Le Monde [33], la Presse [34] et le Point [35] se concentrent sur le profil du meurtrier.
Plus tard, c’est le Nouvel Obs [36] qui donne un éclairage nouveau sur Mateen, et sa double vie de gay non assumé et malheureux, son côté « instable, bipolaire, perturbé psychologiquement et en proie à des accès de colère ».
Les réactions publiques
C’est encore dans le Point [37] que « D’après la municipalité, des centaines de milliers de personnes ont marché dimanche dans les rues de la deuxième ville américaine » c’est-à-dire Los Angeles rapporte la Presse [38], et l’Express [39] ajoute que le dispositif policier pour sécuriser la Gay Pride de West Hollywood a été renforcée.
RTL2 [40] fait aussi part de réactions : « Boy George, Nicola Sirkis, Garbage, Beth Ditto... les stars du rock réagissent à la fusillade d’Orlando ».
« Si l’identité et les motivations du tueur se précisent, la question des armes à feu aux Etats-Unis est dans toutes les têtes. Mais, faute de solutions, les politiques s’en tiennent à des réactions indignées. Et dans le pays comme dans le reste du monde, elles ont été nombreuses » observe RFI [41].
Et puis un portrait du tueur commence à se dessiner dans Le Point [42] : « "Parfois, il allait dans un coin et allait s’asseoir et buvait seul, et d’autres fois, il était tellement ivre qu’il était bruyant", a déclaré Ty Smith au quotidien Orlando Sentinel, (…) "Nous n’avons pas vraiment beaucoup discuté avec lui, mais je me souviens de lui disant des choses à propos de son père", a précisé Ty Smith. "Il nous a dit qu’il avait une femme et un enfant ", a-t-il ajouté ». Mais l’hebdomadaire va plus loin [43] , à se demander si « Les fous d’Allah sont-ils malades ? » Parce que « À chaque attentat, le même réflexe : on aimerait les savoir fous à lier. Atteints d’une pathologie qui expliquerait leurs actes et qui nous permettrait, rassurés, de les oublier au fin fond d’un asile ».
Une fois le choc passé, « il faut résister à la haine » titre le Monde [44] d’après « Hassan Shibly, un responsable du Conseil des relations américano-islamiques pour la Floride, multiplie les entretiens. " Nous, musulmans américains, nous sommes endeuillés comme tout le monde dans le pays. Nous avons en Floride d’excellentes relations avec les autres religions, mais aussi avec la communauté LGBT, assure-t-il. Il faut donc résister à la haine, personne ne peut nous vaincre à part nous-mêmes, nous ne perdrons que si nous nous divisons". Inutile de rappeler à Hassan Shibly les tueries de San Bernardino (Californie), en décembre 2015, ou l’attentat du marathon de Boston, dans le Massachusetts, en 2013, ou la fusillade de Fort Hood, au Texas, en 2009. Autant de drames liés au djihadisme. "Nous en sommes également les victimes à cause des amalgames auxquels ils donnent lieu. Il y a eu une flambée d’actes antimusulmans en Floride après San Bernardino", déclare-t-il. "Mais ce qui compte aujourd’hui, c’est de montrer notre solidarité, que ce soit par des prières ou des collectes de fonds au profit des victimes" ».
Et puis une « impression de K.O. » selon Mediapart [45], mais aussi une rapide organisation de réponse : « le don du sang s’organise sur les réseaux sociaux » repère Boursorama [46] via Le Monde [47], et les mesures de sécurité renforcées autour des gay Prides « "Nous pensons que le travail est fini parce que nous avons obtenu le droit au mariage. Ce n’est pas le cas", s’est désolé David Campos, membre du conseil municipal de San Francisco. Comme lui, nombre de victimes de la discothèque Pulse, à Orlando, étaient gays et latinos. "Soyons clairs, c’est une attaque contre la communauté LGBT, s’est lamenté Scott Wiener, un autre conseiller municipal, représentant Castro, le quartier où les passages pour piétons sont peints aux couleurs de l’arc-en-ciel. Cette haine anti-gays doit cesser" » [48].
Alors « quel impact sur la campagne américaine ? » se demande Atlantico [49], car « Interrogé trois fois par le FBI, en 2013 et 2014, tout le débat est désormais de savoir pourquoi il a été laissé libre dans la nature et sans surveillance particulière. Même s’il est évident que la problématique du loup solitaire est quasiment insoluble au regard des moyens qu’il est humainement possible de déployer dans la prévention des risques, on peut toutefois relever qu’un de ces interrogatoires a été motivé par des déclarations très favorables à Daech qu’il avait faites auprès de ses collègues ».
Cet attentat n’est pas une première, Slate [50] rappelle l’attentat de l’UpStairs Lounge, « un bar gay de la Nouvelle Orléans, en 1973. Un incendiaire y avait mis le feu et provoqué la mort de 32 personnes en moins de vingt minutes », et puis « En 1997, Eric Robert Rudolph, surnommé "Olympic Park Bomber", posa une bombe dans l’Otherside Lounge, une boîte de nuit lesbienne d’Atlanta », et en 2000 « Ronald Gay a ouvert le feu sur le Backstreet Cafe, un bar gay de Roanoke, en Virginie, tuant Danny Overstreet, 43 ans, et blessant gravement six autres personnes. Gay était furieux que son nom de famille puisse vouloir dire « homosexuel » et déclara que Dieu lui avait dit de tuer des homosexuels. Il se qualifiait lui-même de "soldat chrétien qui travaille pour mon Seigneur » et déclara au tribunal qu’il regrettait de ne pas avoir « tué plus de pédés" (…) en 2013, Musab Mohammed Masmari a mis le feu au Neighbours, une boîte de nuit gay du quartier de Capitol Hill à Seattle, la nuit de la Saint Sylvestre. Masmari a expliqué qu’il pensait que les gays "devraient être exterminés". »
Les hommages se multiplient comme à Nice et Cannes [51], Paris [52] [53], Dijon [54],
ou encore à Montpellier, où Vincent Autin-Boileau de Fierté Montpellier intervient :
#loveislove
Puis « des baisers de couples homosexuels contre la haine » titre le Nouvel Obs [55], en réaction au baiser qui aurait enragé Omar Mateen « C’est ainsi que le hashtag #TwoMenKissing est né. En réponse à cette attaque qui visait la communauté gay, les utilisateurs des réseaux sociaux ont publié des milliers de photos montrant des hommes en train de s’embrasser ».
Pas d’amalgame
Louis-Georges Tin, président du Cran, fondateur de la Journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie, dans Le Nouvel Obs [56] « A Orlando, un imam a déclaré, il y a quelques semaines, que "tous les homosexuels doivent mourir" ("All gays must die"). Alors je ne sais pas si ce jeune homme [le ti- reur présumé, Omar Mateen, NDLR] a assisté au prêche de cet imam, mais cela prouve malgré tout qu’il existe un continuum entre ceux qui parlent et ceux qui passent à l’acte. Entre ceux qui appuient sur la gâchette et ceux qui dirigent le canon... Alors quand la Manif pour tous ou Christine Boutin, pour qui l’homosexualité est "une abomination", expriment leur compassion après l’attentat, on se dit qu’ils feraient mieux de garder le silence (…) Le père du tireur d’Orlando raconte que son fils s’était énervé après avoir vu deux homosexuels s’em- brasser. Il faut que les gens s’habituent à voir des couples d’hommes et de femmes. C’est pour cela que c’est révoltant que des associations proches de Christine Boutin par exemple, militent contre les cours d’éducation sexuelle, contre les actions de lutte contre l’homophobie, etc. »
Les religions monothéistes ont largement propagé par le monde cette invention d’abomination, il est donc logique qu’« Au Moyen-Orient, Daesh mène une politique impitoyable envers les homosexuels », ce qu’explique 20 Minutes [57], par exemple « Wassim Nasr, spécialiste des mouvements jjihadistes et journaliste à France 24, rappelle "le sort atroce des homosexuels" dans les territoires occupés par Daesh. "Il n’y a qu’une sentence, c’est la mort. Certains sont lapidés, d’autres sont jetés du haut d’une falaise ou d’un immeuble", poursuit-il. Le tribunal islamique, lié à Daesh, a récemment entériné le choix de jeter dans le vide, les yeux bandés, les personnes condamnées pour homosexualité. En 2015, au moins une douzaine de personnes ont été tuées en Syrie et en Irak à cause de leur orientation sexuelle ».
Très clairement, « Le groupe jihadiste Etat islamique (EI) a revendiqué lundi la fusillade d’Orlando aux Etats-Unis, commise par "un soldat du califat" qui a tué tué 50 personnes dans un club gay, dans un bulletin de sa radio officielle » iniste E-llico [58].
D’ailleurs à des milliers de Km de Rome, il est partout possible de trouver des chrétiens prêt à clamer leur haine, comme en Corée lors de la Gay Pride de Seoul [59].
Pour le Huffington Post [60] « Orlando, l’arbre qui cache la forêt homophobe », avec comme exemple « Le soir du drame d’Orlando, le journal de France 2 annonçait une tuerie dont le mobile n’était "pas connu", après avoir précisé qu’il avait été perpétré dans une boîte "gay" par un homme clamant aux journalistes son dégoût pour un baiser entre deux hommes... Même négation de l’évidence qui dérange ».
En France la situation est récupérée par l’extrême droite : « Alors que le djihadisme veut éradiquer l’homosexualité et que la droite extrême cherche à embrigader la communauté LGBT dans sa croisade contre l’islam, comment éviter de dresser les minorités les unes contre les autres, et ne pas définitivement enterrer les coalitions arc-en-ciel qui ont irrigué plusieurs moments de l’histoire américaine ? » explique Mediapart [61].
Pour Yagg [62] il y a une leçon à tirer : « Comment ne pas être dubitatif voire révolté, devant la difficulté de certains, hommes et femmes politiques ou médias à prononcer le mot "gay" dans leurs hommages ? On peut citer François Hollande et la quasi-totalité de la droite, à l’instar de Nicolas Sarkzoy, Nathalie Kosciuzko-Morizet ou Alain Juppé, qui rendent volontiers hommage au "peuple américain", sans nommer explicitement celles et ceux qui étaient visé.e.s. C’est au mieux de l’invisibilisation, au pire une insulte (…) les religieux ont toujours su adapter ou dépasser les textes quand ceux-ci semblaient obsolètes. Interpréter telle ou telle phrase de n’importe quel livre religieux dans un sens discriminatoire est un choix conscient. C’est ce choix qui doit être condamné, pas le texte. A cet égard, il est choquant de voir des homosexuel.le.s tomber –trop nombreux– dans le panneau sur les réseaux sociaux, ou dans les commentaires sur Yagg, et assimiler l’œuvre d’un assassin de masse à toute une communauté. À tous les musulmans, pour le dire clairement ».
Parce que « Les bars gays sont des sanctuaires contre l’hostilité du monde », Libération [63] traduit le beau texte de Richard Kim [64] : « (…) Des lieux de culte pour ceux qui ont perdu leur religion, ou qui ont été abandonnés par elle. Des lieux de vacances pour ceux qui ne peuvent pas partir en vacances. Des foyers pour les gens sans famille. Des sanctuaires contre l’hostilité du monde. Ils soutirent le son, le tissu, la chair du monde ordinaire et, sous couvert de ténèbres et d’influence de l’alcool ou des drogues, les transmuent en quelque chose qui se frotte à l’idée d’utopie (…) ».
Homophobie
Dans le même temps, les politiques homophobes sont prises à leur piège, comme l’impossibilité pour des donneurs de sang gays d’affluer vers les centres de transfusion, comme le souligne très bien Jim [65].
Encore une fois le monde du football s’illustre par son homophobie crasse, « L’UEFA juge "irréaliste" de rendre hommage aux victimes d’Orlando lors de l’Euro » titre Marianne [66]. Devant l’indignation médiatique relayée par France Info [67] ou BFMTV [68] pour n’en citer que deux, l’UEFA suisse se sent bien obligée de réagir après l’attentat à Istanbul, avec cette annonce « Une minute de silence sera observée (...) avant le quart de finale de l’Euro 2016 entre la Pologne et le Portugal au Stade Vélodrome de Marseille, en mémoire de victimes de l’attentat d’Istanbul et des autres attaques qui se sont produites pendant le tournoi. » suit Marianne [69]. Même pas fichus de citer le nom d’Orlando.
BFMTV [70] revient sur le sort que Daesh réserve aux hommes gay en Syrie, L’obs [71] et Le Point [72] aussi.







