Le documentaire consacré à Jean Genet, réalisé par Michel Van Zele, est présenté par Bernard Rapp.
Le documentaire commence avec l’abandon du petit Jean, par sa mère biologique, à quelques mois. Né de père inconnu, il est devenu pupille de l’Assistance publique.
Il a été placé dans une famille d’accueil où il fut élevé par une mère nourricière et aimante, qui est décédée quand il avait 11 ans.
Il est envoyé à la colonie pénitentiaire agricole de Mettray, après avoir été jugé pour quelques vols. La discipline militaire, les garçons, les rapports de domination apportèrent plus de fantasmes que de bienveillance à son éducation.
Sa découverte de la littérature, vers 15 ans, est devenue une passion secrète, qui lui a permis de s’élever et de se sauver.
À 18 ans, pour échapper à la maltraitance de Mettray, Genet s’est engagé dans la Légion étrangère, dans laquelle il a retrouvé un univers masculin, viril et codifié. Il a servi sur le continent africain, puis a déserté pour parcourir l’Europe. À 26 ans, il est arrêté à Paris pour vol, faux passeport et port d’arme prohibée. Il est incarcéré 4 ans à la prison de la santé.
Libéré et puis de nouveau condamné, Genet doit son ultime libération de la prison de Fresnes à Jean Cocteau, qu’il rencontre en 1943. Cocteau marque un tournant dans la vie de Genet, c’est lui qui l’aide à obtenir une grâce présidentielle.
Son premier roman, Notre-Dame-des-Fleurs écrit en prison, Genet n’avait pas imaginé le publier un jour, et grâce à Cocteau il paraît en 43. Genet y dépeint le monde la nuit parisienne d’avant-guerre.
Genet fréquente alors les milieux artistiques parisiens et rencontre aussi entre autres Sartre, et Giacometti.
Jusqu’à 1948, Genet a été extrêmement productif. Il a écrit plusieurs romans et pièces de théâtre.
Et en 1950, il a réalisé un unique court métrage : Un chant d’amour, un film de poésie érotique.
Cette formidable série documentaire « Un siècle d’écrivains »e st formée d’hommages, et celui-ci est plutôt réussi car Jean Genet, qui évitait de parler de sa vie intime, a écrit des œuvres explicites et engagées sur les passions humaines. Ce numéro offre une jolie ouverture à l’œuvre de Genet, plutôt simple et grand public, jalonnée de ses épreuves, sans admiration béate. Ce n’est pas une plongée dans les textes, ni dans la vie privée de l’écrivain, ce qui est un peu dommage car elles ont été mues par ses désirs et leur expression. J’aurais aimé un peu plus d’accès aux textes, mais le propos est réussi, à la fin du documentaire, on a hâte de lire Jean Genet.



